Ce nouvel essai de Michel Scifo, « Réchauffement climatique & écologique : les données du problème » nous a profondément choqués, car nous n’avions pas perçu l’ampleur du problème. De plus, il arrive à point pour nous rappeler les priorités quand nos dirigeants, rejetant leurs responsabilités dans cette crise, ne nous parlent que de relancer la croissance, comme avant.

Après la lecture de cet essai, nous nous sommes entretenus avec l’auteur.

Nos questions sont précédées de LMR & ses réponses de MSO.

— LMR – Pourquoi ce titre monsieur Scifo ?

— MSO – Parce que tous les médias & tous nos politocards nous présentent le développement durable comme l’arme absolue contre le réchauffement climatique & la transition écologique comme le moyen d’y arriver en douceur, alors que c’est faux !

— LMR – Pourquoi parlez-vous de « politocards » plutôt que de « politicards » ?

— MSO – Un politique s’engage dans la vie publique pour le bien de tous ; un politicien fait de même en assimilant son intérêt personnel à l’intérêt commun, quitte à faire quelques entorses à la morale ; un politicard ne voit que son intérêt personnel & ne respecte la loi que si elle l’avantage ; un politocard peut être un politique, un politicien ou un politocard, mais en outre il est aveuglé par une croyance religieuse, par une idéologie, par un complexe de supériorité, par la corruption du pouvoir, par un entourage malavisé ; quand ce n’est pas par plusieurs de ces facteurs, car les cumulards sont nombreux. Cela l’amène à prendre systématiquement des mesures contraires à l’intérêt général. Quand il est de plus malhonnête, il tient un discours mensonger pour camoufler sa malfaisance ; discours que les médias ressassent à volonté.

— LMR – Ne pensez-vous pas que le confinement va modifier sur le long terme nos comportements ?

— MSO – Je pense que beaucoup d’entre nous ont pris goût à ce nouveau rythme de vie :

  • ceux ayant la chance d’avoir un compagnon assumant une part équitable du travail familial ;

  • ceux n’ayant pas de gros problèmes financiers ;

  • ceux ne souffrant pas d’une passion impossible à assouvir avec le confinement.

Cependant, je pense l’immense majorité d’entre nous, bien trop aliénée pour changer, car le conditionnement consommationiste n’a pas cessé pendant ces semaines.

— LMR – Revenons au livre, si je comprends le titre : doutez-vous de l’efficacité de la transition énergétique & du développement ?

— MSO – Pas du tout, je suis convaincu de leur inefficacité profonde, tels qu’on nous les vend !

— LMR – Je ne comprends pas pourquoi.

— MSO – Par exemple, le développement durable a été défini comme un rééquilibrage des trois sphères de l’activité humaine : l’économique, la sociale & l’écologique. Aujourd’hui, l’économique domine les deux autres. Pour rééquilibrer, il faut que les deux autres sphères prennent le dessus. Or, on nous vend une augmentation de la sphère écologique, mais uniquement dans sa partie rentable & la sphère sociale est occultée comme le montrent les réformes du « Code du travail » & des retraites, au nom de la rentabilité future.

— LMR – Je veux bien, mais en quoi cela remet-il en cause la transition écologique ?

— MSO – Telle qu’elle est proposée, elle ne remet pas en cause la croissance économique & nos rapports à la consommation, comme si nous avions plusieurs siècles devant nous. Or, les raréfactions des ressources non renouvelables se manifesteront au plus tard d’ici trente ans.

— LMR – Donc, si je vous comprends bien, ne voulant ni de la croissance ni du développement durable, vous prônez la décroissance !

— MSO – Pas du tout, d’une part, je ne suis pas un gourou pour prôner quoi que ce soit ; d’autre part, la décroissance n’est pas plus réaliste. Elle s’avère utile, mais elle n’est pas la panacée !

— LMR – Alors que suggérez-vous ?

— MSO – Je ne suggère rien, mais je constate que comme nous ne pouvons que ralentir le train avant qu’il heurte le mur, il serait prudent de commencer à s’équiper d’amortisseurs. L’expérience prouve que la solidarité est le meilleur d’entre eux. Elle devrait être notre priorité.

— LMR – Ne pensez-vous pas que la pandémie, que nous vivons, fera passer les questions écologiques au second plan & que ce n’est pas le bon moment pour publier ce livre ?

— MSO – Sur le premier point, vous pouvez constater que les patrons les plus cupides, ceux du MEDEF, en profitent. Si un député de la majorité a réagi fermement, le gouvernement, qui multiplie les apparitions médiatiques, n’a curieusement pas pris position. Sur le second, il n’y a jamais de bon moment pour annoncer de mauvaises nouvelles. Enfin, il a été dit que l’écologie était une préoccupation de vivants. Quand on en est à survivre, la survie passe avant tout. Or des centaines de milliers d’entre nous viennent de basculer dans la précarité quand ce n’est pas dans la misère. Donc on pourrait le penser ! Cependant, c’est ici & maintenant que le traitement des problèmes abordés dans ce livre va déterminer la précarité, la pauvreté & le dénuement dans un avenir proche. D’où l’utilité de cette lecture !

— LMR – C’est effectivement le message que nous avons retenu.

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